Écrans et enfants : quels sont les risques pour leur santé et leur développement ?
Télévision, smartphone, tablette, ordinateur, console… Les écrans occupent aujourd’hui une place importante dans la vie quotidienne des familles, et les enfants y sont exposés de plus en plus tôt.
Mais quels sont réellement les effets des écrans sur les enfants ?
Le problème ne se résume peut-être pas au nombre d’heures passées devant un écran. Il faut aussi se demander ce que ce temps remplace : du sommeil, de l’activité physique, des jeux, des échanges avec les parents ou, chez les plus jeunes, des interactions essentielles au développement du langage.
Les travaux étudiés par les pouvoirs publics mettent en évidence plusieurs points de vigilance concernant la santé et le développement des enfants et des adolescents.
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Écrans et enfants : quels effets sur la santé ?
En 2024, une commission d’experts mise en place à la demande du président de la République a étudié les conséquences de l’exposition aux écrans chez les enfants et les adolescents.
Son constat général est que l’exposition importante aux écrans peut avoir des effets défavorables sur la santé physique et psychologique.
Cela ne signifie cependant pas que tous les écrans sont dangereux ou que chaque enfant exposé rencontrera nécessairement des difficultés. L’enjeu concerne surtout la place occupée par les écrans dans la vie quotidienne et les usages qui en sont faits.
Les écrans peuvent-ils perturber le sommeil des enfants ?
Le sommeil constitue l’un des premiers points de vigilance.
Une utilisation importante des écrans peut contribuer à réduire le temps consacré au sommeil ou favoriser des habitudes incompatibles avec un rythme de sommeil suffisant.
Or le sommeil joue un rôle essentiel dans le développement et le bien-être de l’enfant.
La question des écrans doit donc être envisagée en tenant compte non seulement du temps passé devant ceux-ci, mais également du moment de la journée auquel ils sont utilisés.
Écrans et activité physique : un risque de sédentarité
Les écrans peuvent également prendre la place d’activités physiques.
Jeux en plein air, déplacements, sport ou simplement mouvement quotidien peuvent être réduits lorsque le temps passé devant les écrans augmente.
Cette sédentarité peut contribuer à différents problèmes de santé, notamment au surpoids et à l’obésité.
L’enjeu est donc moins de considérer chaque utilisation d’un écran comme problématique que de veiller à ce qu’elle ne remplace pas progressivement les activités nécessaires au développement de l’enfant.
Et pour la vue et le neurodéveloppement ?
Les problèmes de vue constituent également un sujet de préoccupation.
En revanche, certains effets possibles restent davantage étudiés. C’est notamment le cas de certaines conséquences éventuelles sur le neurodéveloppement ou des questions liées aux ondes électromagnétiques.
Sur ces sujets, les travaux cités dans le script appellent surtout à la vigilance et ne permettent pas de tirer des conclusions définitives.
Écrans et santé psychologique des enfants
La question des écrans concerne également la santé psychologique.
Solitude, anxiété, dépression ou pensées suicidaires sont des phénomènes qui touchent certains jeunes et qui ont conduit les pouvoirs publics à s’interroger sur le rôle que peuvent jouer les usages numériques.
Il faut toutefois éviter de présenter les écrans comme une cause unique de ces difficultés.
Leur utilisation, et notamment celle des réseaux sociaux, peut plutôt constituer un facteur supplémentaire de fragilisation chez certains enfants ou adolescents déjà confrontés à des difficultés psychologiques.
La relation entre écrans et santé mentale est donc complexe et ne peut pas être résumée à un simple lien de cause à effet.
Écrans et développement du langage chez les jeunes enfants
La question du langage est particulièrement intéressante chez les plus jeunes.
Une étude de Santé publique France publiée en 2020 s’est intéressée au lien entre l’exposition aux écrans et les troubles primaires du langage chez des enfants âgés de 3 ans et demi à 6 ans et demi.
Elle a notamment identifié deux facteurs associés à un risque plus important.
Le premier concerne l’exposition aux écrans le matin avant l’école.
Le second concerne l’absence d’échanges entre les parents et l’enfant autour des contenus regardés.
Ces échanges permettent pourtant à l’enfant de mettre des mots sur ce qu’il voit, de poser des questions et de transformer une activité potentiellement passive en interaction.
Un risque multiplié lorsque certains facteurs sont associés
Selon cette étude, lorsque l’enfant était exposé aux écrans le matin avant l’école et que les parents ne discutaient pas avec lui des contenus regardés, le risque de présenter un trouble primaire du langage était environ six fois plus élevé dans l’échantillon étudié.
Ce résultat doit toutefois être interprété avec prudence.
Il ne signifie pas que les écrans provoquent à eux seuls les troubles du langage. L’étude met en évidence une association entre certains usages et un risque accru.
Elle montre surtout que la manière dont l’écran est utilisé peut avoir son importance.
Autre élément intéressant : dans cette étude, ni l’âge de la première exposition ni la durée totale d’exposition ne présentaient d’effet notable sur l’apparition des troubles du langage.
Le temps d’écran n’est pas le seul problème
C’est probablement l’un des principaux enseignements à retenir.
Deux enfants peuvent passer exactement le même temps devant un écran tout en ayant des expériences très différentes.
L’un peut regarder seul des contenus le matin avant l’école, sans échange avec ses parents.
L’autre peut regarder ponctuellement un programme avec un adulte, en discuter ensuite, puis consacrer le reste de son temps au jeu, au sport ou aux interactions sociales.
Le simple nombre d’heures ne suffit donc pas à décrire l’utilisation des écrans.
Il faut également regarder :
- ce que l’enfant regarde ;
- quand il le regarde ;
- avec qui il le regarde ;
- comment il utilise l’écran ;
- et surtout ce que cette activité remplace.
Que remplacent les écrans dans la journée de l’enfant ?
C’est une question essentielle.
Un écran peut prendre la place du sommeil, de l’activité physique, du jeu, des échanges avec les parents ou des interactions avec d’autres enfants.
Chez les plus jeunes, cette question est particulièrement importante. Leur développement repose notamment sur des expériences très concrètes : parler, jouer, manipuler, bouger, observer et échanger avec les adultes.
Un écran peut être un support parmi d’autres, mais il ne peut pas remplacer toutes ces expériences.
C’est pourquoi la réflexion sur les écrans ne devrait pas se limiter à un chronomètre.
La bonne question n’est pas seulement :
« Combien de temps mon enfant passe-t-il devant un écran ? »
Il faut aussi se demander :
« Que fait-il pendant ce temps, à quel moment de la journée, avec qui, et qu’est-ce qu’il ne fait pas pendant ce temps-là ? »
Écrans et enfants : trouver une place adaptée
Les travaux étudiés par les pouvoirs publics montrent donc plusieurs points de vigilance : sommeil, activité physique, santé psychologique et, chez les plus jeunes, développement du langage.
Mais ils invitent également à éviter les conclusions trop simplistes.
Le problème n’est pas nécessairement la présence d’un écran en elle-même. C’est aussi la place qu’il prend dans la vie de l’enfant et les activités qu’il vient remplacer.
Les enfants ont besoin de dormir, de bouger, de jouer, d’apprendre, de parler et d’interagir avec leur entourage.
L’enjeu consiste donc à faire en sorte que les écrans restent compatibles avec ces besoins fondamentaux, plutôt que de leur laisser progressivement prendre leur place.
Source : vie-publique.fr
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