Difficultés scolaires : quel dispositif demander selon la situation de votre enfant ?
PPRE, PAP, PPS, PAI, AESH, ULIS… Si votre enfant rencontre des difficultés à l’école, vous avez probablement entendu la moitié de ces sigles dans la même réunion, sans que personne ne vous dise lequel concerne votre enfant, ni par où commencer.
Ce n’est pas un problème de compréhension de votre part. C’est que l’on vous présente des dispositifs, alors que vous, vous vivez une difficulté.
Identifiez la difficulté spécifique de votre enfant
Dans cet article, on inverse la logique : on ne part pas des dispositifs, mais de ce que vit votre enfant — il n’arrive pas à lire, il a une maladie, il ne parle pas encore bien français, il va mal, ou vous ne savez même pas nommer le problème. Pour chaque situation, vous saurez à qui vous adresser, quel dispositif peut être mobilisé, et quelle première démarche faire dès cette semaine.
Un repère avant de commencer : trois niveaux de réponse
Il existe trois niveaux de réponse face à une difficulté scolaire :
- l’école s’adapte elle-même, sans papier officiel de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) ;
- un plan d’aménagements formalisé, toujours au sein de l’école ;
- la reconnaissance d’un handicap, avec des moyens supplémentaires décidés par la MDPH.
On ne monte pas forcément toutes les marches. On monte seulement jusqu’où l’enfant en a besoin.
De quoi votre enfant a besoin à l’école ? Quelles sont les difficultés scolaires de votre enfant ?
Votre enfant a du mal à apprendre, mais la difficulté est récente ou passagère
Votre enfant décroche en lecture, en écriture ou en calcul. Rien n’est diagnostiqué, mais le retard s’installe.
Premier interlocuteur : l’enseignant, ou le professeur principal au collège.
Ce qui peut être mis en place :
- un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) : un plan écrit, avec des objectifs précis et limités dans le temps ;
- au primaire, les activités pédagogiques complémentaires, en petit groupe ;
- au collège, Devoirs faits ; au lycée, l’accompagnement personnalisé ;
- selon les secteurs, des stages de réussite pendant les vacances ;
- au primaire, l’appui du RASED, avec des enseignants spécialisés et un psychologue scolaire.
Première démarche : demander un rendez-vous et poser une question simple : « Qu’est-ce qui est mis en place, et comment on vérifie que ça aide ? »
La difficulté dure malgré les efforts : lecture, écriture, orthographe, calcul
Il travaille, il s’accroche, mais rien n’y fait. On peut être face à un trouble des apprentissages : dyslexie, dyspraxie, dyscalculie…
La démarche commence hors de l’école : un bilan, souvent orthophonique, parfois neuropsychologique, à la demande du médecin traitant ou du médecin scolaire.
Ce bilan ouvre la porte au PAP, le plan d’accompagnement personnalisé. Il ne passe pas par la MDPH, mais il fixe des aménagements pédagogiques concrets (temps supplémentaire, documents adaptés, évaluation différente) et est établi par l’équipe éducative, avec l’avis du médecin de l’Éducation nationale. Il est valable du primaire au lycée.
Si le PAP ne suffit plus, on passe au niveau suivant.
Le handicap ou les besoins de l’enfant demandent un accompagnement renforcé
Là, on change de niveau. La démarche passe par la MDPH : c’est le parent qui dépose le dossier, avec un certificat médical.
La commission décide. Elle peut notifier un PPS, le projet personnalisé de scolarisation, qui est le cœur du dispositif. Il peut prévoir :
- un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), individuel, mutualisé ou collectif ;
- du matériel pédagogique adapté, comme un ordinateur ;
- une orientation en ULIS, dispositif collectif dans un établissement ordinaire ;
- ou l’appui d’un établissement ou service médico-social : IME, SESSAD…
Il ouvre aussi droit aux aménagements d’examens (tiers-temps, secrétaire…).
Le PPS
Deux choses à savoir : le PPS est suivi chaque année en équipe de suivi de la scolarisation, avec l’enseignant référent, et vous en faites partie. Les délais de la MDPH sont souvent longs — d’où l’intérêt de ne pas attendre pour demander des aménagements immédiats à l’école.
Votre enfant a un problème de santé
Allergie, asthme, diabète, maladie chronique : ce n’est pas forcément une difficulté d’apprentissage, mais l’école doit s’organiser.
Le dispositif : le PAI (projet d’accueil individualisé). Il fixe les conditions de traitement, de cantine, d’urgence. Il se met en place avec le médecin scolaire, l’infirmier et l’école, sans passer par la MDPH.
Si la maladie entraîne de longues absences, un enseignement à distance ou à domicile peut aussi être demandé.
Votre enfant ne parle pas encore bien français
Un enfant arrivé récemment en France, ou dont la langue de l’école n’est pas la langue de la maison, peut bénéficier du dispositif UPE2A. Il apporte un soutien intensif en français, tout en gardant l’enfant dans une classe ordinaire. À demander auprès de l’école ou du centre d’information et d’orientation.
Votre enfant va mal : anxiété, refus d’aller à l’école, comportement
Parfois, la difficulté n’est pas scolaire. L’enfant est anxieux, se replie, s’oppose, ne veut plus venir.
À l’école, plusieurs adultes sont là pour ça : le psychologue de l’Éducation nationale, l’infirmier scolaire, le CPE au collège et au lycée, l’assistant social scolaire.
Si la situation s’installe, on peut s’appuyer sur des professionnels extérieurs, et parfois sur une orientation médico-sociale après passage par la MDPH. Ici, la démarche compte autant que le dispositif : parlez-en tôt, et écrivez ce que vous observez.
Le problème est matériel ou social
Frais de cantine, fournitures, sorties, transport : les bourses de collège et de lycée et les fonds sociaux existent. L’assistant social scolaire aide à monter les dossiers. Certains établissements bénéficient par ailleurs de moyens renforcés au titre de l’éducation prioritaire.
Vous ne savez pas nommer le problème
C’est la situation la plus fréquente : on sent que quelque chose ne va pas, sans pouvoir dire quoi.
C’est précisément pour cela que sont créés les pôles d’appui à la scolarité (PAS). Ils remplacent progressivement les anciens PIAL, couvrent environ 56 % du territoire à cette rentrée, avec un objectif de 3 000 pôles d’ici 2027.
Leur particularité : ils peuvent être sollicités pour tout élève qui rencontre des difficultés persistantes, même sans dossier MDPH, avec votre autorisation. Ils proposent un plan d’action coconstruit avec vous.
Comme le déploiement est inégal, demandez à l’école ou à l’établissement si un PAS existe sur votre secteur.
En résumé : difficultés scolaires des élèves à besoins éducatifs particuliers
Trois choses à retenir pour s’orienter parmi les dispositifs d’aide à l’école :
- On part de la difficulté, jamais du sigle.
- On monte les marches une à une : aménagements de l’école, plan formalisé, puis MDPH si nécessaire.
- Vous êtes partie prenante de chaque décision : demandez les réunions, gardez les écrits, posez les questions.
A lire sur le site :
Article : « Dispositifs pour élèves à besoins éducatifs particuliers«
Article : « Que faire si l’école refuse un dispositif d’aide pour votre enfant ?«
A lire ailleurs :
Ressource ministérielle : « La scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers«
Ressource pédagogique : « Enseigner à des élèves à besoins éducatifs particuliers«
Ressource spécialisée : « Les élèves à besoins éducatifs particuliers«
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